Marie-Antoinette
  • Éditeur québécois

Extrait :

À la Saint-Jean, ma robe de mariée était achetée, mon costume de soirée prêt à porter et nos faire-part adressés à tous nos invités. Dans ma région, on n’en avait jamais reçu de pareils. Monsieur Louis et moi avions décidé d’y inscrire le poème que nous avions composé l’un pour l’autre à l’occasion de la Saint-Valentin. Les premières réactions me vinrent de mes sœurs. Comme je les avais prévues, celles-là, elles me dérangèrent moins que celles des adultes. « Pauvres eux autres, ils ne réalisent pas que le mariage est loin d’être un conte de fées…» chuchotaient les uns. Une tante m’avoua, en sortant de l’église, un dimanche midi : « Il est bien beau ton poème, Marie-Antoinette. Si j’avais un conseil à te donner, ce serait de le garder à portée de main, une fois mariée…» Mon grand-père Couture m’avait fait part de son inquiétude, croyant monsieur Louis « plus disposé à recevoir qu’à donner ».

Il suffisait que, subtilement, j’en glisse deux mots à mon fiancé pour retrouver ma sérénité. « Souviens-toi de ce que je t’ai expliqué, mon bel ange. La plupart des gens qui veulent semer le doute en votre esprit n’ont pas notre instruction. D’autres n’ont pas eu le privilège d’épouser une personne qui les comble sur tous les plans, comme nous le ferons, nous deux », me rappelait-il.